C'est souvent les vieilles " Blouses Immaculées " qui me nettoient.
Je leur mets quelques coups et elles râlent. Je ne les aime pas et leur savon pue la mort.
A
chaque coup tordu, chaque tâche de sang, il leur faut 30 secondes pour
disparaitre et changer de blouse. Alors, quelques temps après, elles
s’en reviennent avec une nouvelle blouse toute propre, immaculée.
Si elles pouvaient, elles me laveraient sous la peau celles-la !
La dernière fois je me suis cogné la tête contre le mur. Je ne l'avais
pas fait exprès, c'est seulement que j'étais trop faible pour marcher,
je me suis cassé la gueule et l'une d'elle a du tester son point de
croix sur mon arcade. Ces vielles rombières sont à elles deux pire que
la mort. Elles la fabriquent. Elles se préparent un bon pot-au-feu. La
nuit je les imagines en train d’attendre la venue de leur gourou poilu.
Il tient le sceptre d’Ottokar pendant qu’elles mettent le feu à une
marmite géante, prêtes à bouffer du malade. Une attitude tribale venue
du fin fond de leur instinct primaire, elles me boufferaient le cœur
afin de s’approprier mon âme, ma force, mes joies.
Alors lorsque l’une d’elles s’est approchée :
- ça fait bien dix ans que je n'ai pas recousu quelqu'un. m'a-t-elle
lancé en se marrant ! Mais c'est comme le vélo ces choses-là, ça
revient en le faisant, on va voir si j'ai perdu la main...
En la voyant arriver avec son aiguille crochue, l'image de la chasseuse
guerrière approchant de sa proie avec sa lance bien aiguisée s'est
imposée à moi.
Ça, elle s'est pas foutue de moi ; sacrée tricoteuse, la garce !
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vendredi, octobre 26 2007
Journal d'Ailleurs...
Par Wilbird le vendredi, octobre 26 2007, 10:43 - Nouvelle